Category Archives for "Économie solidaire"

Dix avantages de l’emprunt participatif

Lorsque je parle de l’emprunt participatif, je sais que j’ai tendance a accentuer le côté « j’ai financé ce que les banques ne voulaient pas financer ». C’est vrai… mais un peu simple. En réalité, il y a de nombreux autres avantages à utiliser l’emprunt participatif. Certains sont « égoïstes », au sens littéral : c’est plus intéressant pour l’emprunteur. D’autres avantages sont d’ordre plus large, au niveau sociétal. 

Dans cette brève liste, je vous présente une dizaine d’avantages parfois peu connus à l’emprunt participatif. 

(Je tiens à remercier vivement mon ami Sébastien Kraft, expert en économie coopérative, pour ces nombreuses réflexions. Retrouvez également Sébastien Kraft dans notre formation en emprunt participatif où nous vous expliquons comment financer vos projets sans banque ni plate-forme. Vous ne le regretterez pas !)

  1. Vous obtiendrez plus d’argent que ce dont vous avez besoin

Dans mon cas personnel, j’avais rassemblé les 90 000€ qu’il me fallait en 6 jours, et les propositions continuaient à arriver. J’ai ainsi pu emprunter un peu plus, et surtout organiser mon prêt de manière plus efficace. En savoie, un projet de logements collectifs recherchait 200 000 € et a levé… 340 000 € ! Cela leur a permis d’ajouter un appartement au projet. Ce n’est pas une exception : dans l’immense majorité des cas, l’emprunt participatif permet d’obtenir plus d’argent que ce qu’on avait demandé.

  1. Les intérêts disparaissent presque

Lorsque vous demandez à un membre de votre famille ou un ami de vous prêter de l’argent, il est rare que vous évoquiez la question du taux d’intérêt. Dans le cas de l’emprunt participatif, les prêteurs proposent des sommes « petites », en tous cas à leur yeux. Et bien souvent, ils prêtent à 0%, ou à un taux très faible. Résultat : le taux final de l’emprunt global est bien souvent dérisoire. Les intérêts disparaissent presque, c’est de l’argent qui peut être utilisé à autre chose. Et ce n’est parfois pas « un peu » d’argent : cela représente parfois plusieurs dizaine de milliers d’euros. Mieux chez vous et dans le projet que chez le banquier, non ? 

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Le jour où j’ai voulu être riche. 

Mon métier m’amène parfois auprès de jeunes en formation initiale. Le plus souvent, il s’agit d’élèves de grandes écoles, mais aussi de cursus universitaires ou en conservatoire de musique. Hormis le sujet pour lequel j’interviens, j’ai l’habitude de consacrer un temps à la question suivante : « combien voulez-vous gagner ? ». Elle provoque souvent un malaise, suivi d’une passionnante discussion. Combien ? Pourquoi ? Comment ? Dans un monde où l’on parle si souvent d’argent, de pouvoir d’achat, de prix bas et d’économie, je suis très souvent frappé du figement de mes interlocuteurs face au sujet. Peu de gens, et encore moins parmi ces futurs travailleurs semblent se poser la question de cette manière. 

Bien souvent, ils me répondent « on nous a dit qu’avec notre diplôme, on pouvait demander X €/mois ». Ill me semble pourtant qu’il y a une différence fondamentale entre « pouvoir » et « vouloir ». D’une certaine manière, c’est là que réside une grande part de notre humanité…

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Philippe Vachette, des premières déchetteries à la solidarité énergétique, financière et sociale (2)

Philippe Vachette - Philippe

philippe vachette - papillonNous retrouvons Philippe Vachette pour la deuxième partie de cette interview consacrée à une partie des nombreuses démarches « alternatives » qu’il a initiées ou auxquelles il a pris part. 

Dans la première partie, nous avons découvert l’histoire du groupe Inddigo, les affres de la création des premières déchetteries, et le combat de Philippe contre la financiarisation du monde. 

Merci à toutes et tous des nombreux relais, partages et commentaires, sur les réseaux sociaux et ailleurs. Peut-être avez-vous un témoignage à apporter en lien avec cette interview ? N’hésitez surtout à utiliser les commentaires, ils sont faits pour ça ! 

Alors Philippe, nous t’avions laissé aux portes de la mairie de Chambéry, et tu parlais d’une certaine « mission développement durable ». De quoi s’agissait-il ? 

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Philippe Vachette, des premières déchetteries à la solidarité énergétique, financière et sociale (1)

Philippe Vachette - Philippe

philippe vachette - papillonLorsque vous vous intéressez aux « Alternatives » dans le bassin chambérien, en Savoie, un nom semble surgir constamment. Philippe Vachette semble avoir été de toutes les aventures, et dans des domaines infiniment variés. Dans mon projet de rencontrer des « papillons », ces gens qui battent des ailes là où ils sont, et changent parfois le cours du monde, Philippe était naturellement en tête de liste. 

L’interview sera publiée en deux parties. Il en aurait peut-être fallu quatre ou cinq ! Je vous laisse la découvrir, en vous prévenant : Philippe est aussi connu pour son franc-parler !

En cette fin de mois mars, Philippe nous accueille chez lui, dans sa maison chargée d’histoire aux portes de Chambéry. Les bidons de sève de bouleau fraîche sont prêts à l’embouteillage. Tout de suite, il commence : « tu connais J’aime Boc’Oh ? » et dégaine un pot de confiture. De J’aime Boc’Oh dont il est aujourd’hui président, nous parlerons une autre fois, en détail. J’ai envie de connaître les origines des histoires…

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Comment je me suis passé de banque

Comment j’ai réalisé mon projet avec un emprunt participatif.

 

Mai 2013. Cela faisait plusieurs mois que nous avions le projet de rejoindre un habitat partagé. Celui-ci se trouvait en Savoie, dans une grande maison, et nous connaissions bien les habitants. Aussi, quand nous avons appris qu’un appartement allait se libérer, nous avons postulé, et avons été retenu. Sur le principe, c’était gagné. Restait un détail : trouver 140 000 €.

Nous avions environ 50000 € d’apport, il nous « suffisait » donc d’emprunter 90000 € pour pouvoir racheter les parts sociales des habitants sortants. J’étais entrepreneur salarié avec des revenus stables depuis plusieurs années, ma femme était fonctionnaire. Nous étions très confiants. Tellement confiants que, l’appartement étant vide, nous avions commencé à faire quelques travaux tout en commençant à rencontrer des banques. Rapidement, il s’est avéré que beaucoup refusaient par principe de financer des projets en SCI. Nous nous sommes tournés vers une banque « coopérative » très réputée, dont la communication évoquait souvent les habitats partagés. Après plusieurs semaines de balades de services en service, la réponse tombe : « ça ne va pas être possible ». Commençant à trouver l’histoire compliquée, je me tourne vers l’agence locale d’une banque « mutualiste », que l’on m’avait recommandée. C’était mon dernier espoir, mais je restais confiant.

C’était un mardi midi de printemps, j’en ai un souvenir très précis. Nous avions travaillé toute la matinée dans l’appartement avec Stéphanie, une amie, et pour célébrer notre prochain emménagement, nous dégustions quelques frites « maison » à la terrasse d’un bistrot à Aix les Bains. Le téléphone sonna. C’était le banquier. J’ai très vite compris, malgré les circonvolutions : « il aurait bien voulu, mais ça n’allait pas être possible ». Je suis revenu à table, abattu. C’est alors que Stéphanie a dit : « Moi, je ne suis pas comme ton banquier. Je peux te prêter 500 € maintenant. Il te suffit d’en trouver 280 autres ».

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