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Garder le cap dans les tempêtes : l’exercice de la vigie

vigie - tempêteIl y a des périodes dans la vie où on a juste l’impression que le destin s’acharne. Les catastrophes s’enchaînent dans une série noire, et à peine a-t-on commencé à se relever d’une tornade qu’un nouveau tremblement de terre survient.

Parmi ces évènements, les décès prématurés, imprévisibles, sont particulièrement douloureux. Soudainement, c’est comme si la réalité chancelait, et on se retrouve entouré de proches effondrés qui répètent « je ne comprends pas ? » ou « mais pourquoi ? », ou encore « ce n’est pas juste ! ». Le sens manque, la compréhension fait défaut, l’esprit est impuissant, submergé par l’ampleur de l’évènement.

Les évènements de la vie n’ont heureusement pas tous une telle démesure, mais beaucoup, à leur échelle, nous bousculent et nous questionnent. Vous ne trouvez pas ça fatigant ? Ou plutôt… n’avez-vous pas parfois l’impression d’être balloté comme le capitaine d’un petit navire sur un océan émotionnel parcouru d’orages capricieux ?

Moi, si. Enfin, je l’étais.

Ce n’est pas que la météo soit plus clémente, ces dernières années m’ont donné leur lot de tempêtes. Mais quelque chose a changé ma façon de vivre les intempéries : en 2011, j’ai eu l’honneur de traduire un livre incroyable, intitulé La méditation, une recherche contemplative, de Arthur Zajonc. Et parmi les nombreuses pépites qu’il recèle, je voulais en partager une avec vous. A l’origine, Arthur Zajonc nomme cette pratique l’exercice de Martin Luther King, en référence au grand leader. J’aime bien, pour ma part, l’appeler rejoindre la vigie. Voyons de quoi il s’agit.

J’ai écrit pour le célèbre blog ‘Des livres pour changer de vie’ une chronique détaillée de cet ouvrage. Je vous invite vivement à aller la lire

Rejoindre la vigie, en pratique

Je choisis parmi mes expériences passées un évènement chargé d’une émotion « négative », comme la colère, la jalousie ou la haine. Je tâche d’en trouver un qui soit suffisamment fort, mais quand même pas trop récent ou accablant, pour ne pas risquer d’être submergé à la simple évocation. J’évite par exemple les situations précises de la violente et récente rupture avec mon ex-compagne. Voyons voir… Ah, voilà : il y a 3 semaines, j’étais coincé à 22h30 en gare de Lyon Part-Dieu, en rupture de correspondance, et j’ai attendu 30 mn sans information, sans savoir si je pourrai rentrer chez moi. J’étais fatigué et en colère. Prenons ça…

Je prends quelques instants pour revenir à moi, par quelques respirations profondes dans un endroit calme. Puis je convoque en moi la situation. Je la laisse émerger de manière précise, les images, les sons, les détails… et surtout les émotions. Replongé dans l’ambiance nocturne de la gare, je perçois le courant de ma colère et le souvenir de ma fatigue. Je ressens de l’impuissance aussi : je suis clairement pris au piège. J’entends de nouveau les voix intérieures qui critiquent les employés de l’accueil SNCF : « mais qu’est-ce qu’ils font ? Il ne bougent pas… ça les fait rigoler ou quoi ? Pas foutus de gérer un simple retard… etc. ». J’y suis, là…

Et c’est l’endroit où se passe quelque chose de subtil : je peux me rendre compte que j’observe mes émotions. D’une certaine manière, je peux me décaler pour mieux observer le courant de mes sentiments. Les émotions ont émergé, mais je suis comme placé sur un terrain plus élevé d’où je peux les regarder sans risquer d’être emporté par elles. Je peux sentir deux parties en moi-même : celle qui vit les émotions, et celle qui regarde les émotions se vivre. Cette deuxième partie, on l’appelle parfois le soi silencieux

Ce qu’on voit de là-haut

Tant que je suis absorbé par mes émotions, je ne peux pas juger des forces en présence, ou avoir l’intuition du chemin à suivre pour poursuivre ma route. Je suis aveuglé, j’ai perdu toute perspective.

Maintenant, de ce nouveau point de vue (la vigie), je peux évaluer plus tranquillement les différents facteurs en jeu. Je peux certes considérer ce qui m’a amené ici, le faisceau complexe d’évènements qui a justement conduit à cette situation.

vigie - voir le courant

Merci à www.pixabay.com

Et je peux faire de même pour les autres acteurs de la situation. Il ne s’agit pas de se lancer dans la psychanalyse de l’hôtesse d’accueil (ni la mienne, d’ailleurs), mais seulement de relever que la complexité se trouve dans mon parcours comme dans le sien. De mon point de vue, ce qui compte, ce n’est pas tellement le résultat de cette observation, mais les ressources que nous mobilisons pour faire ces observations. De là où nous sommes, nous maintenons une certaine distance avec le cours des évènements. Nous ne sommes plus submergés, toute en étant attentifs et compatissants.

Plus qu’une pratique, une hygiène

En décrivant la pratique ci-dessus, on peut avoir l’impression d’un simple exercice, un peu artificiel. D’une certaine manière, ça l’est, du moins au début. Comme pour tout, la pratique commence par quelque chose d’un peu simple, artificiel et maladroit. Souvenez-vous de votre première roulade…  Mais ce que nous mettons en œuvre ici, c’est une capacité de l’esprit, peut-être nouvelle, à naviguer entre deux endroits intimes, que nous pouvons appeler le flux et la vigie. Plus important encore que la reconnaissance de l’existence de ces deux endroits distincts en nous, cette pratique nous habitue à reconnaître, et à choisir de parcourir l’étroit chemin qui les relie.

vigie - trouver le cheminAinsi, une fois ce chemin reconnu et progressivement rendu habituel, je peux l’emprunter à volonté. Il devient possible, dans le vécu même des situations difficiles, de vivre aux deux endroits à la fois. L’enjeu ? À la fois vivre pleinement la situation, mais surtout la vivre sans être submergé par les émotions. J’ai parlé plus haut de ces phrases lancées lors des deuils et enterrements, qui se ramènent souvent à une seule : « pourquoi ? ».

Reconnaître le chemin vers la vigie me permet aujourd’hui deux choses. La première est inestimable : ne pas me perdre dans la recherche d’un « pourquoi », et vivre pleinement la situation, ses émotions, les relations avec les autres sans m’y noyer. La deuxième est peut être plus importante encore : cultiver la confiance que, de la vigie, je verrai poindre un « pourquoi » lumineux qui m’est rendu visible parce que je ne suis pas balloté de toutes parts.

La pratique de la recherche de la vigie m’a permis d’acquérir pour mon vécu intérieur la compétence d’un capitaine dans la tempête : ne pas perdre d’énergie à maudire les éléments, pour se concentrer sur la survie immédiate du navire, en étant confiant que le beau temps reviendra. C’est aujourd’hui un élément fondamental de mon hygiène intérieure, et je ne peux que vous encourager à trouver et occuper votre propre vigie.

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J'ai appelé cette formation "Hygiène de l'esprit". J'utilise moi-même quotidiennement cette méthode pour à la fois améliorer ma performance et gagner en sérénité. Je la trouve précieuse parce qu'elle m'a déjà sauvé du burn-out, Et je suis heureux aujourd'hui de la partager avec vous.  

Pascal

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