N'oubliez pas !

En vous abonnant, vous êtes informé.e de tous les nouveaux articles ET vous pouvez télécharger librement le "Guide de l'emprunt participatif". Inscrivez-vous aujourd'hui et rejoignez notre communauté de plusieurs centaines de personnes !

Cultiver cinq qualités d’esprit pour se respecter (et rester performant)

Très franchement, je ne l’ai pas vu venir. Certes, depuis plusieurs mois, j’avais cette sensation que mon esprit fonctionnait de mieux en mieux, de plus en plus vite. D’abord, c’est venu en percevant une sorte d’accroissement de productivité. Je résolvais les mêmes questions en deux fois moins de temps, je détectais les quelques calculs à mener, et laissais de côté ceux qui n’étaient pas pertinents. Cela me permettait de m’occuper d’autres questions, professionnelles et personnelles, d’y consacrer des ressources mentales. 

qualité d'esprit - prise de têtePuis je me suis rendu compte que les problèmes tournaient dans ma tête dès le réveil, et que mon réveil, spontané, se faisait de plus en plus tôt. A l’inverse, le soir, mon esprit continuait à tourner, à manipuler des idées. Parfois, je me réveillais à 5h23 plusieurs nuits d’affilées, branché sur les problèmes qui m’occupaient. C’était comme si mon esprit était en roue libre, prenait sa propre autonomie et ne me laissait pas en paix. 

Ca s’est terminé en burn-out généralisé, pro et perso. Il m’a fallu un an pour pouvoir de nouveau réfléchir « droit » pendant une durée normale. Depuis, je le sens parfois : la machine s’emballe.

Je suis convaincu que je ne suis absolument pas le seul, que ce genre d’histoire, sous des formes variées, est le lot quotidien de beaucoup, en particulier parmi les « professions intellectuelles ». Pourquoi donc, ça ne s’arrête pas ? Pourquoi ces phénomènes semblent prendre une telle ampleur ? Je n’ai certainement pas la réponse ultime… mais je peux partager ce qui marche pour moi. 

Ton bureau dans la tête. 

Au siècle dernier, et au précédent encore plus, le travail consistait, pour la plupart, à être dans le « faire ». Le paysan labourait ses champs et faisait les foins, le mineur creusait, l’ouvrier était sur la chaîne. Il « suffisait », quand c’était possible (et autorisé), de « prendre congé » de son lieu de travail pour laisser le corps se reposer. La relation était directe entre la présence sur le lieu de travail et le fait d’y consacrer de l’énergie. Il a toujours été évident, même pour l’esclavagiste, qu’il n’était pas possible de faire travailler quelqu’un vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Par ailleurs, les outils de travail devaient être entretenus et perfectionnés pour rendre service dans la durée.

Puis le temps a passé. Pour de plus en plus de gens, le « travail » a consisté à produire de l’information, de l’intelligence et des idées. Tant que l’informatique était peut présente, à la limite, la contrainte de lieu et de temps subsistait à peu près. Les dossiers étaient « au bureau », le téléphone aussi, et la masse d’information à traiter était encore un peu limitée. 

Aujourd’hui pour le salarié, et encore plus pour l’entrepreneur isolé, la frontière est très floue, et la masse d’information juste incroyable. Et l’outil de travail ? On pouvait croire que c’était le bureau, l’ordinateur, le téléphone, tous devenus transportables à volonté. Mais je pense que c’est une erreur. Pour les professions intellectuelles, comme pour les artistes, l’outil de travail a toujours été l’esprit humain. L’a-t-on perfectionné ? A-t-on donné aux « ouvriers de l’esprit » les clés leur permettant d’adapter leur esprit à ces nouvelles réalités ? Apprend-t-on à l’école la manière de conserver une « hygiène mentale », pour être efficace et pour rester en sécurité sans emballer la machine ? A mon sens, rien de tout cela.

Les cinq qualités

En 2011, j’ai eu la chance de traduire un livre rare d’un monsieur peu connu en France, Arthur Zajonc. Beaucoup ont néanmoins entendu parler des rencontres qu’il a souvent animées au MIT avec le Dalai Lama, au cours des années 2000. Cet ouvrage intitulé « La méditation, une recherche contemplative », aborde la méditation sous un angle différent de l’approche « bien être » souvent avancée. En effet, l’auteur, chercheur et professeur en physique quantique, utilise et enseigne depuis longtemps les techniques méditatives à des fins non seulement d’hygiène mentale, mais surtout de recherche.

J’ai écrit pour le célèbre blog ‘Des livres pour changer de vie’ une chronique détaillée de cet ouvrage. Je vous invite vivement à aller le lire

Il consacre une longue partie de l’ouvrage a expliquer que, d’une certaine manière, il est possible d’entrainer certaines caractéristiques de l’esprit. J’entends par « entrainement » la même chose que lorsque, pour s’améliorer dans un sport (l’escalade, par exemple), on pratique une musculation spécifique, en dehors de la pratique du sport lui-même. Ainsi, l’esprit et certaines de ses qualités peut être entraîné et entretenu en dehors de son champ d’application. Cela permettra de le rendre progressivement plus efficace, plus robuste, et surtout d’en connaître mieux les fineses et les particularités.

Arthur Zajonc, s’inspirant largement de Rudolf Steiner, mentionne cinq qualités principales de l’esprit qui sont précisément des qualités qui sont demandées aux managers ou aux professionnels des activités intellectuelles :

L’attention

qualité d'esprit - escaladeIl s’agit de notre capacité à maintenir notre attention concentrée sur un seul objet. Il est facile de remarquer qu’à notre époque débordant de signaux nous invitant à « sortir de nous », cette qualité est mise à rude épreuve ! Elle concerne certes l’attention extérieure (se concentrer sur une tâche, une conversation, une formation, etc.), mais également l’attention intérieure (suivre une idée, un raisonnement, etc.). Certes, beaucoup d’enseignants regrettent le manque de capacité d’attention de leurs élèves (encore faut-il fournir un motif suffisant d’attention…). Mais je crois que beaucoup plus de gens encore évoquent leurs difficulté à se focaliser, et ressentent l’épuisement que ces va-et-vient de l’attention génèrent. 

La résolution

Vous arrive-t-il, comme à moi, de commencer une tâche, puis de zapper sur une autre au bout de quelques secondes ? Ou avez-vous déjà décidé, comme moi, de reprendre un sport ou une activité chaque mardi, et de trouver plus ou moins rapidement des excuses pour ne pas y aller ? La résolution est cette capacité que nous avons de cultiver l’engagement sur le long terme. On peut voir cela comme un choc entre deux temporalités : notre pensée est immédiate, alors que la résolution demande de la durée.

Nous avons tous ressenti les conséquences de nos manques de résolution : la déception (« j’aurais voulu y arriver »), une certaine perte de confiance en soi (« de toutes façons, c’est à chaque fois pareil »). Rien que l’atténuation ou la suppression de ces sentiments vaut, à mon sens, la peine de cultiver la résolution.

L’équanimité

qualité d'esprit - équilibreIl s’agit de notre capacité à rester centrés en nous malgré les flots de sentiments et d’émotions. L’image du marin me semble très parlante : dans une tempête, un bon capitaine ne perdra pas le cap pour autant. Il gérera certes l’urgence, ne refusera pas la tempête (le peut-il ?), mais ne perdra pas de vue sa destination. A l’inverse, le manque d’équanimité évoque la submersion dans les sentiments.

Il ne s’agit nullement de froideur, mais de juste distance avec les émotions forcément passagères. La démarche artistique demande tout particulièrement cette qualité, car l’artiste se tient constamment en équilibre entre la vulnérabilité et le contrôle de soi. L’équanimité est le secret des grands leaders pour transformer une émotion (la révolte, la colère, l’envie, etc.) en une action. Sans équaninimité, on reste enfermé dans l’émotion. 

La positivité

qualité d'esprit - enfantsOn pourrait croire que la positivité est un genre de croyance béate du genre « tout va bien ». Je préfère nettemet la voir comme une fidélité en l’humanité. Elle est la capacité de percevoir, en toute situation, quelque chose de positif et d’élevé. Il y a une part d’opportunisme, mais non pas un opportunisme matérialiste, une capacité à conserver la confiance que nous grandissons, toujours.

C’est également la capacité qui permet de limiter notre tendance au jugement : même si je peux trouver des comportements difficiles ou inacceptables, les gens restent des humains, et je n’ai accès qu’à une faible part de leur réalité. Je crois juste de dire que la positivité n’est pas vraiment une qualité « très française », où les conversations, les informations, tournent souvent autour de ce qui ne va pas… Raison de plus : chaque échange est une occasion de la pratiquer, ou au moins… de ne pas cultiver son inverse !

L’ouverture d’esprit

qualité d'esprit - ouvertureIl s’agit de notre capacité à remettre en question nos habitudes de pensée. Pas uniquement nos idées ou nos croyances, qui sont déjà un sacré travail, mais nos processus d’élaboration d’une idée. Cela peut presque prendre la forme d’un jeu : prendre une idée en soi et la vivre, qu’on l’accepte ou non, et la laisser travailler. Cela ne veut nullement dire qu’on y adhère ou qu’on la fait sienne. Ce n’est pas parce que vous essayez une voiture que vous allez l’acheter, il en est de même des idées. C’est par l’ouverture que le nouveau peut survenir, que la véritable créativité peut faire son chemin. Sans ouverture, sans avoir admis que le temps n’était peut-être pas un invariant, Einstein n’aurait pas élaboré la théorie de la Relativité. 

Conclusion

Le simple fait de savoir que ces qualités d’esprit peuvent être « musclées » pour elles-mêmes m’a été d’un grand secours. En avoir la liste permet également, un peu comme les Quatre Accords Toltèques, de détecter au quotidien dans quel domaine nous nous trouvons, quelle qualité nous mobilisons. J’apprends un échec à un examen ? Merci l’équanimité de me permettre de me relever, merci la positivité de m’aider à trouver les nouvelles possibilités à envisager. J’ai du mal à me lever pour aller en montagne ? Merci la résolution de m’avoir permis de ne pas renoncer à cette belle journée. 

Mais surtout, la découverte de ces qualités et de ces dimensions permet, je crois, de considérer avec plus de douceur son propre esprit, de le regarder fonctionner et d’en prendre soin. A une époque où l’information nous submerge, je crois essentiel de savoir reprendre la main sur notre propre capacité intérieure à la vivre et la traiter. C’est une question de sécurité personnelle, de santé mentale, et aussi de construction sociale : le monde a besoin de gens qui gardent le contrôle de leur esprit.

Découvrez notre formation

Au fil des ans, et sur la base de ce principes des "5 qualités de l'esprit", j'ai développé une méthode exclusive, particulièrement adaptée aux professions intellectuelles et créatives. 

J'ai appelé cette formation "Hygiène de l'esprit". J'utilise moi-même quotidiennement cette méthode pour à la fois améliorer ma performance et gagner en sérénité. Je la trouve précieuse parce qu'elle m'a déjà sauvé du burn-out, Et je suis heureux aujourd'hui de la partager avec vous.  

Pascal

Click Here to Leave a Comment Below

Leave a Reply:

close

Formation Hygiène de l'es​prit

Inscrivez-vous à cette formation exclusive pour les professions intellectuelles (mais pas uniqueme​​​​​​​​​nt !) pour améliorer votre sérénité ET votre performance.