Cultiver cinq qualités d’esprit pour se respecter (et rester performant)

Très franchement, je ne l’ai pas vu venir. Certes, depuis plusieurs mois, j’avais cette sensation que mon esprit fonctionnait de mieux en mieux, de plus en plus vite. D’abord, c’est venu en percevant une sorte d’accroissement de productivité. Je résolvais les mêmes questions en deux fois moins de temps, je détectais les quelques calculs à mener, et laissais de côté ceux qui n’étaient pas pertinents. Cela me permettait de m’occuper d’autres questions, professionnelles et personnelles, d’y consacrer des ressources mentales. 

qualité d'esprit - prise de têtePuis je me suis rendu compte que les problèmes tournaient dans ma tête dès le réveil, et que mon réveil, spontané, se faisait de plus en plus tôt. A l’inverse, le soir, mon esprit continuait à tourner, à manipuler des idées. Parfois, je me réveillais à 5h23 plusieurs nuits d’affilées, branché sur les problèmes qui m’occupaient. C’était comme si mon esprit était en roue libre, prenait sa propre autonomie et ne me laissait pas en paix. 

Ca s’est terminé en burn-out généralisé, pro et perso. Il m’a fallu un an pour pouvoir de nouveau réfléchir « droit » pendant une durée normale. Depuis, je le sens parfois : la machine s’emballe.

Je suis convaincu que je ne suis absolument pas le seul, que ce genre d’histoire, sous des formes variées, est le lot quotidien de beaucoup, en particulier parmi les « professions intellectuelles ». Pourquoi donc, ça ne s’arrête pas ? Pourquoi ces phénomènes semblent prendre une telle ampleur ? Je n’ai certainement pas la réponse ultime… mais je peux partager ce qui marche pour moi. 

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Garder le cap dans les tempêtes : l’exercice de la vigie

vigie - tempêteIl y a des périodes dans la vie où on a juste l’impression que le destin s’acharne. Les catastrophes s’enchaînent dans une série noire, et à peine a-t-on commencé à se relever d’une tornade qu’un nouveau tremblement de terre survient.

Parmi ces évènements, les décès prématurés, imprévisibles, sont particulièrement douloureux. Soudainement, c’est comme si la réalité chancelait, et on se retrouve entouré de proches effondrés qui répètent « je ne comprends pas ? » ou « mais pourquoi ? », ou encore « ce n’est pas juste ! ». Le sens manque, la compréhension fait défaut, l’esprit est impuissant, submergé par l’ampleur de l’évènement.

Les évènements de la vie n’ont heureusement pas tous une telle démesure, mais beaucoup, à leur échelle, nous bousculent et nous questionnent. Vous ne trouvez pas ça fatigant ? Ou plutôt… n’avez-vous pas parfois l’impression d’être balloté comme le capitaine d’un petit navire sur un océan émotionnel parcouru d’orages capricieux ?

Moi, si. Enfin, je l’étais.

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Vivre negaWatt au quotidien dès maintenant, en 11 points.

J’ai connu négaWatt il y a plus de 10 ans, et depuis, j’ai eu l’occasion de côtoyer les membres de ce réseau de (très) près. Et quelque chose m’a toujours semblé difficile : de cet imposant travail à l’échelle nationale, imaginer ma petite vie negaWatt au quotidien. C’est une chose de lire « la consommation d’énergie finale dans l’industrie sera de 342 TWh/an en 2050 ». C’en est une autre d’en imaginer la signification dans la vie de tous les jours. Par ailleurs, il y a un aspect « tous dans le même panier » qui rend difficile, parfois, de se projeter. Ainsi, si je lis « l’utilisation de l’avion (pour les longs courriers) diminue fortement de 2.72E11 km en 2017 à 1,34E10 km en 2050 »… Alors, ça veut dire quoi ?

Bref… j’ai eu envie de voir s’il y avait des manières simples de « vivre négaWatt » dès aujourd’hui. Pour dresser cette liste, je n’ai pris que des changements simples qui ne dépendent que de moi. Je laisse de côté ceux pour lesquels la société doit au préalable s’organiser. Voici donc 11 pistes d’actions simples, concrètes, parfois amusantes. Elles sont (presque) directement tirées du scénario négaWatt.

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Comment changer de vie en commençant par ne rien faire.

Et si vous changiez de vie dès ce soir ?

Ce n’est peut-être pas la première fois que vous vous dites qu’il y a des choses à changer dans votre vie. Peut-être depuis des années, périodiquement, vous rentrez le soir en vous disant que la coupe est pleine.

Cela peut recouvrir beaucoup de choses comme s’épuiser à un travail qui a perdu son sens. Mais aussi sentir obligé d’aller à des rendez-vous ennuyeux, ou simplement sentir confusément un décalage entre la réalité et « ce que ça devrait être ». C’est peut-être le plus compliqué : bien souvent, la sensation est confuse. Il est bien difficile de déterminer ce qu’il faut garder et ce qu’il faut changer. Et par conséquent, il est bien difficile de savoir par où commencer.

Est-ce que pour cela que les résolutions ne tiennent pas ? Qu’on répète « je vais reprendre le sport, donc être plus en forme, donc me détendre, donc me sentir mieux le soir » ? Raisonnement interchangeable avec « je vais changer de boite, donc changer de chef, donc me sentir mieux, et le reste suivra ».

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Comment je me suis passé de banque

Comment j’ai réalisé mon projet avec un emprunt participatif.

 

Mai 2013. Cela faisait plusieurs mois que nous avions le projet de rejoindre un habitat partagé. Celui-ci se trouvait en Savoie, dans une grande maison, et nous connaissions bien les habitants. Aussi, quand nous avons appris qu’un appartement allait se libérer, nous avons postulé, et avons été retenu. Sur le principe, c’était gagné. Restait un détail : trouver 140 000 €.

Nous avions environ 50000 € d’apport, il nous « suffisait » donc d’emprunter 90000 € pour pouvoir racheter les parts sociales des habitants sortants. J’étais entrepreneur salarié avec des revenus stables depuis plusieurs années, ma femme était fonctionnaire. Nous étions très confiants. Tellement confiants que, l’appartement étant vide, nous avions commencé à faire quelques travaux tout en commençant à rencontrer des banques. Rapidement, il s’est avéré que beaucoup refusaient par principe de financer des projets en SCI. Nous nous sommes tournés vers une banque « coopérative » très réputée, dont la communication évoquait souvent les habitats partagés. Après plusieurs semaines de balades de services en service, la réponse tombe : « ça ne va pas être possible ». Commençant à trouver l’histoire compliquée, je me tourne vers l’agence locale d’une banque « mutualiste », que l’on m’avait recommandée. C’était mon dernier espoir, mais je restais confiant.

C’était un mardi midi de printemps, j’en ai un souvenir très précis. Nous avions travaillé toute la matinée dans l’appartement avec Stéphanie, une amie, et pour célébrer notre prochain emménagement, nous dégustions quelques frites « maison » à la terrasse d’un bistrot à Aix les Bains. Le téléphone sonna. C’était le banquier. J’ai très vite compris, malgré les circonvolutions : « il aurait bien voulu, mais ça n’allait pas être possible ». Je suis revenu à table, abattu. C’est alors que Stéphanie a dit : « Moi, je ne suis pas comme ton banquier. Je peux te prêter 500 € maintenant. Il te suffit d’en trouver 280 autres ».

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